{"id":20864,"date":"2026-07-09T21:19:24","date_gmt":"2026-07-10T01:19:24","guid":{"rendered":"http:\/\/pruebas-wp-ver.mph.cl\/?p=20864"},"modified":"2026-07-13T05:30:21","modified_gmt":"2026-07-13T09:30:21","slug":"rossini-la-cenerentola-luxembourg-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pruebas-wp-ver.mph.cl\/?p=20864","title":{"rendered":"Rossini, La Cenerentola Luxembourg"},"content":{"rendered":"<p>Il en va de m\u00eame pour sa s\u0153ur Clorinda, fi\u00e8rement camp\u00e9e par la soprano Alice Rossi dont on appr\u00e9cie l\u2019art du faire-valoir. Une r\u00e9ussite telle qu\u2019on aurait souhait\u00e9 voir dans la salle certains metteurs en sc\u00e8ne chevronn\u00e9s qui, d\u2019une montagne de moyens et d\u2019une d\u00e9bauche d\u2019intentions fumeuses r\u00e9ussissent \u00e0 accoucher de souris. La voix dont le fort na jamais r\u00e9sid\u00e9dans l&#8217;abondance d&#8217;harmoniques est ici d\u00e9timbr\u00e9e, accusanttr\u00e8s nettement le poids des ann\u00e9es.<\/p>\n<h2>Cenerentola \u2014 Paris (tce)<\/h2>\n<ul>\n<li>Le r\u00f4le est codifi\u00e9 et d\u2019un interpr\u00e8te \u00e0 l\u2019autre on retrouve la m\u00eame gamme de mimiques ou de grimaces, l\u2019important \u00e9tant qu\u2019elles tombent \u00e0 pic, et c\u2019est le cas.<\/li>\n<li>Par la suite, l\u2019apparition des personnages est accompagn\u00e9e de projections vid\u00e9os qui les repr\u00e9sentent dans des cadres dor\u00e9s et tiennent lieu de d\u00e9cor.<\/li>\n<li>Et pour finir, le timbre particuli\u00e8rement sombre de Maria Kataeva conf\u00e8re d\u2019embl\u00e9e gravit\u00e9 et s\u00e9rieux \u00e0 son personnage d\u2019Angelina, une Cendrillon qui triomphe parce qu\u2019elle choisit la bont\u00e9 comme le veut Rossini, mais qui est avant tout une ma\u00eetresse femme suffisamment intelligente et patiente pour arriver \u00e0 ses fins et ne pas se laisser marcher sur les pieds.<\/li>\n<li>L\u2019orchestre chante litt\u00e9ralement, et c\u2019est encore un motif d\u2019admiration que l\u2019osmose sonore entre la fosse et le plateau.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Son partenaire qui icifait effet de vieux galant plut\u00f4t que de jeune monarque semble avoirperdu lart de bien doser sa voix mixte. De l\u2019autre, il interroge sur la transmission, le silence et la mani\u00e8re dont les survivants ont tent\u00e9 de reconstruire une existence apr\u00e8s l\u2019indicible.Le ton semble privil\u00e9gier la sobri\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t que la d\u00e9monstration, laissant toute la place \u00e0 la force du t\u00e9moignage. \u00c0 travers quatre cahiers r\u00e9dig\u00e9s au sortir de la guerre, l\u2019ouvrage donne aussi une place importante \u00e0 Roger, le fils d\u2019Alter, qui d\u00e9couvre tardivement ce que son p\u00e8re a travers\u00e9. Sans r\u00e9elle mise en contexte, mais heureusement avec un glossaire, le jeune lecteur retiendra s\u00fbrement deux-trois informations, gu\u00e8re plus.<\/p>\n<h2>Chefkoch Check<\/h2>\n<p>Cette architecture, Alberto Zedda la voyait comme un des t\u00e9moignages les plus indiscutables du g\u00e9nie du compositeur qui, \u00a0a \u00a025 ans, ma\u00eetrise magistralement les tempi, les suspendant \u00a0ou les acc\u00e9l\u00e9rant selon les situations, avec une \u00e9conomie de moyens qui \u00e9bahit tant elle produit d\u2019effets sur l\u2019auditeur. Leur duo, faut-il le redire, est d\u2019une dr\u00f4lerie totalement s\u00e9duisante. Si nous avons manqu\u00e9 son premier air, o\u00f9 sans s\u2019en rendre compte le personnage expose sa balourdise satisfaite, celui du deuxi\u00e8me acte comble parce que la diction est parfaite, le chant syllab\u00e9 est d\u2019une clart\u00e9 impeccable, la rapidit\u00e9 labiale intacte et la composition sc\u00e9nique toujours aussi impressionnante, d\u2019une expressivit\u00e9 efficace qui \u00e9vite les surcharges. La voix sonne bien, sans exc\u00e8s de puissance, mais est-elle la basse noble que nous aimons ? Ni d\u00e9hanchements ni d\u00e9sordre, mais un mouvement collectif comme on pourrait en voir dans une revue qui s\u2019accorde \u00e0 la situation, une belle contribution au spectacle.<\/p>\n<h2>Markenrezepte Bei Chefkoch<\/h2>\n<p>Aucune r\u00e9serve, en revanche, pour la direction d\u2019Edmon Colomer, \u00e0 elle seule un vrai motif de satisfaction. Convaincante, Jose Maria Lo Monaco tarde \u00e0 le devenir tant la voix semble d\u2019abord petite et la projection modeste ; mais peu \u00e0 peu elle se r\u00e9chauffe et, bien que ni le timbre ni l\u2019agilit\u00e9 ne nous captivent, elle s\u00e9duit par sa probit\u00e9 et sa musicalit\u00e9 car elle ne cherche ni \u00e0 enfler ni \u00e0 noircir sa voix, et m\u00e8ne \u00e0 bien l\u2019\u00e9pineux finale, o\u00f9 la virtuosit\u00e9 est l\u2019expression m\u00eame de la vertu triomphante. On pourra objecter que les nombreux rappels \u00e0 la fin du spectacle sont un d\u00e9menti \u00e0 nos impressions.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution , l\u2019interpr\u00e8te semble l\u2019avoir parfaitement comprise et sa s\u00fbret\u00e9 technique lui permet de faire flamboyer l\u2019\u00e9blouissant final belcantiste que Rossini, parachevant ainsi l\u2019architecture de l\u2019\u0153uvre, a con\u00e7u pour le triomphe d\u2019 Angelina. Angelina, apr\u00e8s Rome, B\u00e2le et avant Paris, est Vasilisa Berzhanskaya, dont les lyricomanes connaissent d\u00e9sormais la richesse vocale qui lui permet de mettre \u00e0 son r\u00e9pertoire aussi bien des r\u00f4les de soprano que des r\u00f4les de contralto. En tout cas sa tenue de sc\u00e8ne a l\u2019\u00e9l\u00e9gance physique qu\u2019on associe \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9gance morale du personnage.<\/p>\n<p>Les premiers personnages en sc\u00e8ne sont les deux s\u0153urs, p\u00e9ronnelles capricieuses et \u00e9go\u00efstes. Une jeune femme qui porte un paquet veut lui donner l\u2019aum\u00f4ne, il refuse, mais lui fait tirer une carte et lui pr\u00e9dit un bel avenir. La mise en sc\u00e8ne et les d\u00e9cors sont sign\u00e9s de Jochen Sch\u00f6nleber, le surintendant, qui se les attribue d\u00e9sormais quasi-syst\u00e9matiquement, peut-\u00eatre pour des raisons budg\u00e9taires. Remarqu\u00e9 en Ramfis \u00e0 Rouen, Adolfo Corrado est un Alidoro magn\u00e9tique, superbe de timbre, auquel ne manque qu\u2019un surcro\u00eet de vocabulaire stylistique pour faire de \u00ab\u00a0L\u00e0 del ciel nell\u2019arcano profondo\u00a0\u00bb une grande page d\u2019op\u00e9ra seria.<\/p>\n<ul>\n<li>Rythme plus que soutenu de repr\u00e9sentations de Cenerentola au Th\u00e9\u00e2tre du Capitole de Toulouse (nous avions rendu compte de la premi\u00e8re ici), puisque pas moins de huit repr\u00e9sentations sont donn\u00e9es en seulement dix jours, de quoi en \u00e9puiser plus d\u2019un.<\/li>\n<li>Ni d\u00e9hanchements ni d\u00e9sordre, mais un mouvement collectif comme on pourrait en voir dans une revue qui s\u2019accorde \u00e0 la situation, une belle contribution au spectacle.<\/li>\n<li>Pr\u00e9sent\u00e9e comme une version de concert avec mise en espace et un ensemble de voix qui ne sont pas celles de superstars, cette Cenerentola s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, avec trois fois rien (en apparence), \u00eatre une mise en sc\u00e8ne \u00e9blouissante, tout simplement g\u00e9niale !<\/li>\n<li>Litt\u00e9ralement dop\u00e9s par une battue \u00e9nergique d\u2019un chef qui semble se d\u00e9lecter comme jamais du festin qu\u2019il a compos\u00e9, tout le plateau est survitamin\u00e9 et en pleine possession de ses moyens.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Knusprige Flammkuchentaschen Mit Feta Und Spinat Aus Dem Airfryer<\/h2>\n<p>Antoine Foulon campe un Alidoro majestueux\u00a0avec sa voix puissante et bien projet\u00e9e coupl\u00e9e \u00e0 une excellente diction \u00e0 l\u2019instar du Dandini de Sergio Villeglas Galvain, remarquable du d\u00e9but \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation. Les metteurs en sc\u00e8ne y ajoutent chaque fois un grain de folie tr\u00e8s agr\u00e9able, proposant des transpositions n\u00e9cessairement lisibles et toujours tr\u00e8s bien rythm\u00e9es. La pr\u00e9sentation du spectacle par Maria Kataeva\/Cenerentola (en allemand) et Levy Sekgapane\/Don Ramiro (en anglais). Les spectateurs n\u2019en perdent \u00e9videmment pas une miette et ovationnent le spectacle.<\/p>\n<p>Un groupe de jeunes ( ?) fait irruption sur la sc\u00e8ne, brutalise le pauvre, qui doit d\u00e9guerpir, la jeune fille repara\u00eet, portant deux sacs, l\u2019air \u00e9puis\u00e9, et le rideau se referme, l\u2019ouverture a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Pr\u00e9sent\u00e9e comme une version de concert avec mise en espace et un ensemble de voix qui ne sont pas celles de superstars, cette Cenerentola s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, avec trois fois rien (en apparence), \u00eatre une mise en sc\u00e8ne \u00e9blouissante, tout simplement g\u00e9niale ! Restent Michele Pertusi qu&#8217;ona connu plus en voix dans le r\u00f4le d&#8217;Alidoro et Bruno Campanella quifait bien p\u00e2le figure face \u00e0 Riccardo Chailly, chef au disque.<\/p>\n<p>Dans les commentaires qui accompagnent l\u2019\u00e9dition critique de La Cenerentola \u00e9tablie par ses soins, Alberto Zedda \u00e9claire l\u2019importance de l\u2019\u0153uvre dans la production de Rossini. Pas de chance ce soir-l\u00e0 pour Philippe Est\u00e8phe qui n\u2019a pu proposer qu\u2019un acte en Dandini, la voix lui ayant fait d\u00e9faut pour le second, ce qui nous a valu une r\u00e9apparition de Florian Sempey.Orchestre toujours irr\u00e9prochable sous la conduite d\u2019un Michele Spotti d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s inspir\u00e9 dans ce r\u00e9pertoire. Michele Angelini est Don Ramiro \u00e0 la voix \u00e9troite dans les aigus mais solide dans le milieu de la gamme. Elle g\u00e8re bien la longue partition du r\u00f4le-titre en \u00e9vitant de s\u2019aventurer sur des chemins risqu\u00e9s, pr\u00e9f\u00e9rant une conduite prudente, ce qui lui permet d\u2019aborder le \u00ab Non pi\u00f9 mesta accanto \u00bb final avec les r\u00e9serves n\u00e9cessaires. Les deux voix se compl\u00e8tent bien, insufflant ce qu\u2019il faut d\u2019acide et de fiel tout au long de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<h2>Critique Musicale Et Autres Textes Sur La Musique (romain Rolland)<\/h2>\n<p>Le spectateur aura donc pass\u00e9 une bonne soir\u00e9e, il aura ri de bon c\u0153ur, l\u2019\u0153uvre s\u2019y pr\u00eate volontiers, mais ne ressortira gu\u00e8re nourri de la repr\u00e9sentation. L\u2019orchestre de l\u2019Op\u00e9ra national <a href=\"https:\/\/www.themoviedb.org\/u\/hazcasino\"> https:\/\/www.themoviedb.org\/u\/hazcasino<\/a> de Lorraine, sans \u00eatre un phalange de tout premier plan, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du travail en profondeur fourni par le chef. On soulignera l\u2019excellente prestation de Alessio Arduini dans le r\u00f4le de Dandini, virtuose, tr\u00e8s musical et fort attachant dans son jeu de sc\u00e8ne. Vocalement un peu en retrait des autres chanteurs, Gyula Nagy en Don Magnifico, compense par un jeu de sc\u00e8ne fort dr\u00f4le, d\u00e9goulinant de vulgarit\u00e9 et de veulerie.<\/p>\n<p>Quand des sonorit\u00e9s sont nasales, quand les notes p\u00e9rilleuses sont \u00e9mises \u00e0 l\u2019arrach\u00e9, d\u2019autres prudemment transpos\u00e9es, quand l\u2019agilit\u00e9 s\u2019essouffle, quand le chant syllabique s\u2019escamote, quand la voix est grossie pour faire un effet, doit-on approuver ? Mais faut-il se satisfaire d\u2019entendre chanter Rossini sans \u00e9prouver l\u2019ivresse que donnerait l\u2019illusion de la facilit\u00e9, partie int\u00e9grante du bel canto ? Rossini l\u00e2che la bride \u00e0 son ironie pour camper au bout de sa plume des personnages dont certains sont des marionnettes, Angelina except\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il en va de m\u00eame pour sa s\u0153ur Clorinda, fi\u00e8rement camp\u00e9e par la soprano Alice Rossi dont on appr\u00e9cie l\u2019art du faire-valoir. Une r\u00e9ussite telle qu\u2019on aurait souhait\u00e9 voir dans la salle certains metteurs en sc\u00e8ne chevronn\u00e9s qui, d\u2019une montagne de moyens et d\u2019une d\u00e9bauche d\u2019intentions fumeuses r\u00e9ussissent \u00e0 accoucher de souris. 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